10/02/2012

Demain, j'arrête

      Il existe un monde où Tout-Le-Monde s'aime, où Tout-Le-Monde parle avec Tout-Le-Monde. Il existe un monde joyeux, où Tout-Le-Monde va toujours super bien, où Tout-Le-Monde a une formidable famille et a passé des vacances inoubliables. Mais qui est ce type en photo ? Il existe un monde où Tout-Le-Monde peut donner son avis sur Tout-Le-Monde, où Tout-Le-Monde est invité à toutes les soirées. Il existe un monde où Tout-Le-Monde dit oui à Tout-Le-Monde. Mais qui est ce type en photo ? Il existe un monde où Tout-Le-Monde offre des fleurs à Tout-Le-Monde, sans que ça coûte un rond — sauf les alcooliques qui s'offrent des bières, mais ça ne coûte pas un rond non plus. Il existe un monde où Tout-Le-Monde peut voir ta mère embrasser ton chien. Il existe un monde où même bourré tu t'en rappelleras demain.
     Il existe ce monde où tu ne vois plus tes amis parce qu'il te suffit d'ouvrir la fenêtre pour voir leur tronche de steak. Mais qui est ce type en photo ? Il existe ce monde où, alors que tu t'apprêtais à passer voir un ami, tu as ouvert la fenêtre et tu l'as vu, exhaustivement nu, bien refroidis tu t'es dit que finalement des pâtes tout seul c'était bien aussi. Mais qui est ce type à ma fenêtre ? Il existe ce monde où, après des décennies de cyber-connexion, antisocial tu resteras chez toi on the web again phobique social à ta fenêtre tu te pendras, ça fera le buzz de l'année, tu n'auras pas tout perdu.
     Il est dix heures, je n'ai toujours pas commencé à travailler, mais demain j'arrête Facebook.

05/02/2012

Des fois y'a des gens

Toujours au théâtre du Grand-Rond, toujours à Toulouse, toujours le 18 mars 2011.
(un jour, j'arriverai à diffuser ce concert en entier...)

27/12/2011

Youpi Youpi Yeah - Vidéo

Vidéo retrouvée derrière les fagots. Concert de mars 2011 au Théâtre du Grand-Rond-point-virgule en cette ville-bonbon, schizophrènement pays de la violette et du cassoulet.

Je tiens tout de même à indiquer que bien que la guitare désaccordée à l'insu de son pédigrée fait bien partie du spectacle, le crâne chauve, non !


12/09/2011

Le temps se fait court

Des pensées passagères et quelques mots volés.

*
Lu dans le journal 09, à la rubrique Échange :
« Échange pendule comtoise contre fusil de chasse. »
Et pourquoi ne pas tuer le temps sans autre agrément que la pendule d'argent qui dit etc. etc.
Hum...Hum...
Échange studio à Pontoise contre famille afghane.
Échange petite semaine contre long cours.
Échange vie saine contre voiture propre.
Échange ouverture de la chasse, contre cerveau et pancréas.
STOP.

*
« - Regardez-moi ! Regardez-moi ! »
Il trébucha ; ils le regardèrent.

*
Des punks à rimes en bord d'Ariège : « Les nuits blanches de Tarascon c'est super, à minuit y'a plus d'bières. »

*
Le temps se fait court mais la vie poétise toujours.

14/08/2011

concert

Je serai le 15 octobre 2011

à la salle du Jeu du Mail 

à Pamiers (09).

Festival "Les coulisses d'automne" 

organisé par l'AFTHA.

03/08/2011

Je me retire de la compétition

Ce sont les mots que prononça Dick Annegarn lors d'une conférence de presse en 1978. Lui qui à l'époque avait signé avec la maison de disque Polydor, avait 4 albums à son actif, et déjà plusieurs chansons-perles.

Faut-il connaître le goût du poison pour savoir qu'il est mauvais ? Autrement dit, a-t-on le droit d'en avoir également ras-le-bol lorsque l'on est petit têtard dans l'océan musical ? Assurément ! À chaque échelon son lot de désolation.

En voici un échantillon, des plus partiaux j'en conviens.
Il y a par exemple cette toile dans laquelle on se prend les pieds, par trop de temps passé devant lorsque l'on est seul à gérer la recherche de concerts et la gestion de l'avant, du pendant et de l'après-représentation. Ce cyber-monde dans lequel il faut des musiques sans intro, des images qui bougent, des textes courts qui accrochent comme de véritables slogans publicitaires, et où il faut faire le buzz. Tiens ! où il faut également angliciser son discours.
Et finalement passer son temps à faire tout sauf de la musique.

Il y a aussi du ras-le-bol dans la vraie vie vraie.
Là où il faut créer un univers. Rien que ça !
Là où il faut créer un personnage. Schizophrénie délétère.
Là où il faut créer des opus. C'est divin !
Là où il faut monter des projets. C'est obscène !
Et puis là où il faut jouer gratuitement parce que le nom de la salle fera briller une biographie. Similitude avec les éternels stagiaires qui collectionnent des noms de boites sur leur CV sans jamais être engagés.
Il y a aussi les « festiveaux » qui organisent des concours pour « aider les jeunes talents » mais où pour participer il faut commencer par payer. Et comme au salon de l'agriculture, il existe de véritables bêtes à concours de la chanson.
Et il y à LE bar – siège du milieu et de la consanguinité intellectuelle – où il faut se montrer souvent pour être accepté par la communauté. Si t'es pas alcoolique tant pis pour toi.
Il le faut ? Vraiment ?

Trouver des lieux où jouer n'est pas bien difficile ; un vendeur de bières sera toujours content de mettre de « l'ambiance » dans son rade. On peut ainsi facilement remplir un agenda. Reste à savoir où l'on veut aller...

Bien heureusement, il existe une autre galaxie où les musiciens musicionnent. Il existe un endroit paisible où il suffit de chanter pour être écouté, où les gens se parlent et s'étonnent, s'enthousiasment et frissonnent, à la bonne franquette, sans faire de courbettes.
Qu'il est doux de pencher de ce côté-ci de notre nébuleuse, là où des octogones fabriquent cette petite sphère à l'aide de bouts de rien qui formeront nos lendemains plus sereins.
Heureusement qu'ils existent ces lieux et ces gens inspirés, où je préfère regarder.
Regarder du côté des organisateurs qui se démènent pour payer les musiciens raisonnablement au vu de leurs petites finances, tout en s'affairant à faire survivre leur lieu.
Regarder du côté des musiciens qui travaillent dur pour proposer un spectacle sincère et de qualité.
Regarder du côté des régisseurs et techniciens qui font souvent don d'abnégation.
Regarder du côté du public, et de chaque personne le constituant, qui découvre et s'enthousiasme.
Heureusement qu'il existe ce petit bout de terre.
Je m'efforcerai donc de ne plus voir que ce côté-ci du territoire.
Et je marcherai de travers pour ne pas voir les grandes artères.

Mais déjà c'est presque exclusivement dans cette zone sensible qu'il m'est été donné d'arrimer mes couplets. J'avais fait le choix de l'humain, plus rare et donc plus précieux. Moins de concerts donc, mais par conséquent, peu de dates fâcheuses.

Tenir le rythme effréné nécessaire pour garder le régime intermittent tout en continuant à être créatif et humanoïde est éprouvant lorsque l'on est dépourvu de tourneur ou de tout autre courageux individus s'afférant aux pondéreux.

Alors préférant écrire avant toute chose, je ne passerai plus du tout de temps à rechercher des dates – ce qui est un métier à part entière et certainement pas le mien – les concerts seront donc désormais très épisodiques.

Au plaisir de vous croiser du bon côté de la sphéricité, sans jamais être pressé toutefois de nous rencontrer.

milibérée