21/01/2016

Foutu mois de Janvier



Ludovic Janvier (1934-2016)


Neige


Neige dehors neige dedans

neige lente sur les frissons
neige noire à crever les yeux
pas un humain qui vous réponde
il doit leur neiger sur la voix
est-ce que tout le monde est mort
est-ce que je suis le dernier vivant
enfoui sous quelques flocons de rien
(posant le rien tout autour je veux dire)
corrompu jusqu’à l’os par le deuil et le froid
car il neige à n’en plus finir
de plein fouet sur le chagrin
comme autrefois doucement sans pardon
neige légère à serrer le cœur
neige lourde à tuer le temps
c’est bien l’éternité comme prévu
qui précipite exactement sur moi
c’est tout simple il ne fallait pas naître

Ludovic Janvier, La mer à boire, Gallimard, 1987

23/11/2015

Journée rencontre avec André Velter

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2 temps
3 mouvements
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André
     Velter


...voyageur, poète, éditeur...

« Inséparables jusqu'au bout, la route,
la poésie et la vie se font escorte »
                                            A.Velter



Jeudi 3
décembre 2015 

18h
Entretien à la librairie Ombres Blanches,
précédé d'une (re)lecture musicale :
Mili Rousseau (voix) et Pierre Moretti (batterie)


Sur son site internet, sa biographie la plus brève indique : "André Velter, né en 1945, voyageur." L'identité est déclinée et "voyageur" supplante l'habituel "écrivain" ou "poète".
La poésie est vécue et son verbe va de l'avant. Ses nombreux voyages l'ont mené, entre autres, en Afghanistan, en Inde, au Népal et au Tibet. Sa poésie est traduite dans 27 langues. Il a également écrit plusieurs essais, a traduit Adonis, Fernando Pessoa, Sayd Bahodine Majrouh et Talisma Nasreen, a animé l'émission Poésie sur parole sur France Culture de 1987 à 2008, publié des chroniques littéraires dans Le Monde et dirige la collection Poésie/Gallimard depuis 1998. André Velter s'est, par ailleurs, livré à de nombreuses collaborations artistiques notamment avec Velickovic, Claude Guerre, Louis Sclavis, Jacques Bonnaffé, Gaspar Claus, Pedro Soler, Bartabas ou encore Ernest Pignon-Ernest et de nombreux spectacles et récitals attestent de l'importance qu'il accorde à l'échange et à la poésie à voix haute.

Nul entre-deux dans la poésie d'André Velter, mais une union des contraires.
Ce n'est pas une réalité teintée d'imaginaire ou un imaginaire qui puise dans la réalité, c'est, à forces égales, un imaginaire musclé et une réalité puissante.
Dans un éclair de feu, sur un tempo presto, taillant dans le vif, sa poésie se déploie aux quatre horizons, perturbe les clepsydres et s'installe dans la durée.
André Velter, poète, voyageur, largueur d'amarres, dompteur d'oxymores, redresseur de paradoxes,  "désarpenteur" d'étendues, démultiplicateur de lieux et de formules, toujours dans le passage, demeure dans le mouvement, embrassant la chair du monde. Qu'il marche ou qu'il galope, ses sens en éveil se dérèglent autant qu'ils s'accordent. Plus vite que son ombre, il adopte à rebours la marche du soleil. Il prend visée aux lisières de l'infini, le corps tendu vers l'impossible et sa cible pourrait bien être le point de départ, dans la plénitude d'un vide originel, d'un chant plus vaste qui n'aspire qu'à l'échange, au corps-à-corps, à la rencontre de chair et d'os avec le vivant, le vivace, et dans l'impermanence d'un instant tonique. Et par ricochet d'adresses multiples, cette poésie-là est une invitation à ne pas rester statique, à nous mettre en marche. C'est de la vie qui nous replonge dans la vie en nous remettant sur les rails.
Qu'elle entre en résonance avec les cordes frottées de Pedro Soler ou de Gaspar Claus, les gestes vifs et précis d'Ernest Pignon-Ernest ou ceux amples et minutieux de José Tomas, la poésie d'André Velter a du grain, de la voix, et poursuit une ligne droite qui accueille les soubresauts de la vie, ce réel inouï.

Journée organisée par les étudiants
du master Métiers de l'écriture de l'Université Toulouse II,

Crédit photo : Sophie Nauleau // Création graphique : © 2015 Maxime Cattiau

24/09/2015

Éloge de l'inconfort

Sortir de sa zone de confort (on dirait une pub pour l'armée de terre...), ce n'est pas qu'une question de savoir aller mettre ses fesses dans des buissons épineux pour tenter de voir ce qui ne se laisse pas apercevoir lorsque l'on se contente du sentier tracé, c'est aussi se laisser vaciller, aimer trembler et ne pas chercher à se tricoter une cuirasse de fortune.
Sortir de sa zone de confort, c'est faire entrer le monde dans une chair qui doute, mais le faire quand même, peu importe ce que cela coûte.
C'est ne pas s'économiser.
C'est vivre tout entier.
Éprouver la folie.
     Effacer les frontières

Le temps qu'il nous faut prendre d'assaut


A l'impossible ! Nous sommes ténus.



20/09/2015

L'urgence à vivre 2




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L'urgence à vivre

Si vous tâtonnez du stylo ou du cerveau (c'est pareil !), 
empressez-vous de vivre, 
car vous êtes en train de vous papiéifier.